Le reste du texte est à l'avenant. Évidemment, je partage les buts d'égalité, de partage des richesses, etc. Il est de toute façon difficile d'être en désaccord avec ça (c'est moi qui souligne le passage très drôle sur l'écologie) :

Pour autant, notre aspiration égalitaire ne peut se limiter à la redistribution des richesses, elle doit élargir son horizon aux services publics, aux biens communs, aux territoires. La liberté ne peut se contenter de la nécessaire affirmation des droits individuels et collectifs, elle doit se fonder sur des moyens permettant l’autonomie des personnes, ce qui inclut l’information et la culture trop souvent négligées. Le travail doit redevenir un pivot de réflexion et d’identification de la gauche, ce qui suppose de raccorder, de façon plus active, la question incontournable du droit à l’emploi et celle des contenus et des formes de ce travail, de l’entreprise et de ses ressorts. L’écologie doit aller au-delà de la défense de l’environnement et inventer un nouveau type de développement interrogeant les choix de production et de consommation. La démocratie doit revenir au cœur d’une démarche de gauche : l’exigence de souveraineté du peuple appelle la rupture avec la V° République et son présidentialisme étouffant, le refus de l’étatisme et la valorisation de l’appropriation sociale et du service public, la prise en compte des aspirations des personnes à contrôler et décider au quotidien.

Seulement, il y a les buts et il y a les moyens. Comment fait-on ? Est-ce qu'on fait de la politique pour changer et améliorer le monde tel qu'il est ? Ou est-ce qu'on décide de parler du monde tel qu'on aimerait qu'il soit ? Tout comme les innombrables appels à l'union de la "gauche de la gauche", ce texte vit en pleine mythologie militante et ne propose fondamentalement rien, à part d'être "radical".

Qu'est-ce qu'être "radical" ? Bonne question. Est-ce se cantonner à une position de principe, absolue, non négociable ? Est-ce sinon chercher à établir les rapports de force pour pouvoir peser dans le bon sens et modifier les politiques publiques, afin d'aider concrètement et rapidement, sans attendre, les personnes qui en ont le plus besoin ? Je vous laisse répondre.

Le plus drôle dans tout ça, c'est qu'en parlant de sursaut salvateur pour le deuxième tour des législatives, Clémentine et consorts se réjouissent finalement que des dizaines de députés socialistes soient élus. Ces mêmes députés dont ils chient dans les bottes à longueur d'année, les traitant de "social démocrates", de "blairistes", de "social libéraux". Rendez-vous compte, certains osent même dire qu'il est scandaleux de se poser la question de la pertinence d'une mesure telle que le smic à 1500 euros ! C'est dire s'ils sont de droite ses salauds de socialistes.

Peu importe, la vérité selon Clémentine et ses copains, c'est que les gens ont voté socialiste parce qu'ils n'avaient pas le choix. Qu'est-ce qu'ils aimeraient voter, sinon, pour des gens qui promettent des tas de choses incroyables, comme par exemple la "résistance". C'est pas tentant la résistance ? Hein ? Il faudrait revenir, à l'occasion, sur l'emploi et l'abus de ce mot complètement galvaudé, porteur de défaite et d'échecs à venir qu'on ne peut que retarder héroïquement, debout face à l'adversité. Le syndrome Fort Alamo fait des ravages dans cette gauche de la gauche.

Nous n'avons pas perdu cette séquence électorale parce que "nous n'étions pas assez de gauche". Nous avons perdu parce que nous avons été incapables d'apporter des réponses satisfaisante à des problèmes vécus par une majorité de la population. Nous n'apportons pas de réponses plus satisfaisantes en revendiquant le smic à 2000 euros, la semaine des 3 jours et la régularisation des sans-papiers du monde entier.