C'est désormais chose faite. Ce que le suffrage avait rejeté massivement au prix d'une campagne d'une mauvaise foi rarement égalée (dans un camp comme dans l'autre, hélas), un accord entre États vient de l'avaliser, en moins bien. C'est le glas pour la "gauche du non", tellement sûre d'elle-même et ivre de sa première victoire inespérée. La défaite de Fabius à la primaire socialiste, les échecs d'une candidature unitaire "antilibérale" puis la victoire de Sarkozy ont fait perdre toute crédibilité au plan B. À moins que ce ne soit B comme "blague".

Contrairement aux résultats du 29 mai 2005, le "non" a bel et bien perdu.

Explications détaillées et critiques chez Versac et Franck, auxquelles je souscris :

  • Paradoxes chez Versac : On a beaucoup dit que "les nonistes" (comme s'ils formaient un groupe homogène) refusaient la "partie 3". Ils l'ont toujours, sous la forme de l'empilement des traités initiaux. On s'est juste contenté de ne pas la mettre en valeur et d'éviter une mise en cohérence plus profonde des textes. Et de faire dans le trop symbolique, tout en laissant ça et là quelques concessions au Royaume-Uni et à la Pologne.
  • Traité simplifié : échec de la "gauche du non" chez Franck : C'est donc un recul considérable quant au TCE, recul que l'on doit à toutes celles et tous ceux qui ont fait voter "non" au TCE et qui n'ont rien fait depuis deux ans pour imposer un traité plus ambitieux, qui rompe réellement avec Maastricht-Nice. Comme si tout avait été fait pour que l'on en reste à Maastricht-Nice. Mais qui peut croire à une telle duplicité, inexistante dans le monde politique, non ?

Croyez bien que je ne m'en réjouis pas. Je ne fais que constater là l'inocuité politique d'un certain nombre de partis et de personnalités chez qui la posture tient lieu d'idéologie et de principe d'action. C'est hélas bien mince, comme on le voit avec cet échec final de "non" au TCE.