On a souvent droit, concernant l'écologie et son rôle, à la phrase type : "il faut sauver la planète". Que ce soit au niveau des espèces en danger, de la qualité de l'eau, de la montée des eaux, du réchauffement climatique... il faut faire quelque chose pour "sauver la planète".

Je pense au contraire que l'écologie, ce n'est pas "sauver la planète". La Terre était là bien avant nous, elle sera là bien après nous. À supposer que nous disparaissions dans un holocauste nucléaire planétaire, dans lequel les rares survivants des explosions mourraient d'un cancer en quelques mois, dans lequel les privilégiés tiendraient à peine quelques années de plus dans des bunkers pressurisés, à l'abri de l'hiver nucléaire, à supposer un tel cataclysme donc, la planète Terre attendrait quelques millénaires que les radiations disparaissent, et tout recommencerait.

Pendant ce temps, la vie continuerait son bonhomme de chemin au fond des océans, s'adapterait sur les terres à la radioactivité, les écosystèmes retrouveraient tout doucement un nouvel équilibre. Ça prendrait 10 000 ans ? 50 000 ans ? La belle affaire ! que sont ces quelques années quand on en a plus de 4 milliards au compteur ? Une ou deux respirations, pas plus.

Il faut tout de même se rendre compte que l'humain, pour la planète, n'est guère plus qu'un peu de prurit, une peau morte. La même peau morte dont vous vous débarassez tous les matins sans même y penser.

Si l'écologie servait simplement à sauver la planète, le diagnostic serait simple : nous sommes responsables des problèmes écologiques (pollutions atmosphériques, réchauffement climatique, etc.), il nous suffit de disparaître. Ce serait radical, simple et probablement assez rapide. Sauf que personne ne souhaite réellement la disparition de l'humain, de la culture, de ses cultures...

Tout ça pour dire que l'écologie politique, c'est d'abord et avant tout "sauver l'humain" des désastres qu'il a provoqué. C'est arrêter de polluer les sols pour manger sain, c'est arrêter de racler les fonds marins pour éviter de vivre dans Soleil Vert, c'est arrêter de créer des déchets toxiques dont on ne sait que faire, c'est assurer un avenir meilleur pour la population mondiale, ici et maintenant mais également plus tard.

On ne sauvera pas la planète. Elle n'a pas besoin de nous et la tâche serait de toute façon titanesque ; en fait elle ne nous concerne même pas. Nous avons en revanche besoin d'elle et des conditions nécessaires à la vie qui sont apparues à sa surface. Nous avons besoin de cette infinie diversité biologique, pour manger, nous soigner, respirer. Autant de choses mises en danger par les industries polluantes et les comportements irresponsables, à l'échelle collective et individuelle.