Des primaires à gauche ?
Par Adrien, samedi 28 janvier 2006 à 15:03 :: Vers 2007, et au-delà ! :: #884 :: rss
C'est la question que je me pose, tout en sachant que je ne peux pas apporter une réponse claire. Ni pour ni contre, j'attends juste de voir si ça vaut le coup et si c'est politiquement faisable. Je me pose aussi la question suivante : et toi, ami lecteur, si tu n'es pas membre d'un parti, tu irais voter à cette primaire ?
Reprenons...
Je trouve le Parti socialiste vachement sympa en ce moment. La réunion du 8 février, à laquelle toutes les forces de gauche sont invitées, provoque la colère du PCF, qui ne veut pas d'ordre du jour, tandis que les Verts voudraient un ordre du jour précis et concis. Pendant ce temps, le PS est ultra arrangeant alors qu'il pourrait envoyer sur les roses ceux qui ne veulent pas venir. Non, conscient de l'union indispensable de la gauche pour 2007, il arrondit les angles. Bien sûr, ce n'est pas anodin, il est malgré tout en position de force mais sait qu'il ne pourra pas y aller tout seul et qu'il faut un contrat de gouvernement entre les partis de gauche, sans exclusive.[1]
Parallèlement, une idée fait son petit bonhomme de chemin : un candidat unique à gauche pour les présidentielles. L'idée d'unir plusieurs partis derrière un seul candidat (ou une seule candidate, n'est-ce pas), a déjà été émise par certains partisans d'un candidat moustachu fumeur de pipe pour "la gauche de la gauche".[2] L'hypothèse semble avoir fait long feu, chaque parti (le PCF, la LCR et les Verts) fourbissant ses armes pour la campagne, sans oublier de dire que les partisans de cette union bizarroïde étaient minoritaires dans leur parti respectif. Plus sérieusement, dans la prévision de la réunion du 8 février, le PS commence à avancer l'idée d'une primaire en janvier 2007, apparemment en même temps que la désignation de Sarkozy par l'UMP.
Il faut dire que depuis le succès inattendu des primaires italiennes, qui ont vu la participation de quatre fois plus de personnes que prévu (4 millions de votants, qui ont en plus donné beaucoup plus qu'un euro par personne de dédommagement), la tenue de primaires en France est devenue une hypothèse envisageable, et envisagée, pour donner du souffle à la candidature de gauche.
Pour l'instant, le calendrier serait vaguement le suivant :
- jusqu'en novembre, négociation et rédaction du contrat de gouvernement, les partis se mettent aussi d'accord sur les candidats aux législatives,
- jusqu'en novembre, les partis désignent leurs "champion-ne-s" pour la primaire,
- en janvier, après une campagne pour inciter les citoyens à aller voter et à choisir le meilleur candidat de la gauche, vote,
- en même temps, Sarkozy est élue par les quelques 200 000 adhérents UMP,
- avril : élections présidentielles, Ségolène Royal gagne avec 51,5 % face à Nicolas Sarkozy (boutade, hein ?).
Le problème des élections présidentielles, c'est que si vous n'y êtes pas présent, votre parti et les idées que vous portez n'existent pas dans le paysage politique français. C'est pourquoi les Verts défendent actuellement leur présence au premier tour : pour peser. Une alliance d'emblée Verts-PS pour les présidentielles, et c'est la PRGisation massive du parti, qui n'a vraiment pas besoin de ça pour plus ressembler à un syndicat d'élus qu'à un parti militant.
L'intérêt des primaires, c'est qu'on peut se faire un premier tour "entre nous", que chaque parti peut s'offrir une tribune médiatique et se compter parmi le fameux "peuple de gauche", tout en éliminant le risque d'un 21 avril bis, qui reste traumatisant (surtout pour les socialistes). On perd l'impression d'hégémonie socialiste. Son candidat a toutes les chances de sortir en tête de cette consultation, mais ça ne sera alors pas le résultat d'un accord d'appareils, mais d'une décision populaire, d'une décision de la base.
C'est ma position personnelle, qui vaut ce qu'elle vaut. A priori donc, je ne suis pas hostile à la tenue de ce genre de primaires, mais il faut s'assurer que tout le monde jouera le jeu, et ne passera pas outre les résultats ensuite.[3] Les deux inconnues sont Lutte ouvrière et la LCR. La réunion du 8 février permettra déjà d'avoir une idée de ce qui pourrait se passer.
Notes
[1] La LCR était conviée, mais ne viendra pas, parce que les socialistes sont des "sociaux libéraux" avec qui on ne peut discuter. Le contraire aurait été surprenant, tant pis. J'ai assisté à une réunion avec Daniel Bensaïd récemment, on a l'impression qu'il a tout son temps pour chasser la droite du pouvoir. Moi, perso, j'ai pas le temps ni l'envie de me retaper de la droite dure après 2007.
[2] Pour les mous du bulbe, je parle de José Bové.
[3] À la limite, qu'un parti ou un candidat décide de se la jouer solo, je compte sur les participants et les électeurs de la primaire pour lui faire payer très cher ce qui serait une véritable trahison.













Commentaires
1. Le samedi 28 janvier 2006 à 15:19, par Batmat :: site
2. Le samedi 28 janvier 2006 à 15:41, par Paxatagore :: site
3. Le samedi 28 janvier 2006 à 15:45, par gabur
4. Le samedi 28 janvier 2006 à 18:32, par christophe :: site
5. Le samedi 28 janvier 2006 à 19:13, par Grand Naif sans doute ?
6. Le samedi 28 janvier 2006 à 20:44, par blablateur
7. Le samedi 28 janvier 2006 à 21:15, par Droop :: site
8. Le dimanche 29 janvier 2006 à 00:22, par Olivier :: site
9. Le dimanche 29 janvier 2006 à 00:24, par Alban :: site
10. Le lundi 30 janvier 2006 à 14:23, par Talou :: site
11. Le lundi 30 janvier 2006 à 14:47, par franck :: site
12. Le lundi 30 janvier 2006 à 18:39, par Irenalba
13. Le mardi 31 janvier 2006 à 17:16, par bertrand :: site
14. Le mercredi 1 février 2006 à 16:40, par jmfayard
15. Le jeudi 2 février 2006 à 15:35, par bertrand :: site
16. Le samedi 4 février 2006 à 05:50, par Jiel :: site
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