Dépenses somptuaires et villes dortoirs
Par Adrien le vendredi, juillet 29 2005, 12:26 - marne-la-vallée - Lien permanent
Quand je vois le pognon dépensé par la ville de Puteaux, parfois en pure perte ou pour des projets déments (1 million d'euros pour Puteaux en neige et plus d'1,5 million d'euros pour la modification d'une façade) je me dis qu'il fait bon être élu dans une commune ayant sur son territoire une partie de la Défense.
Si on compare à Torcy, avec un peu plus de 40 % de logements sociaux et une population, donc, qui paie peu ou pas d'impôt et bénéficie de prix réduits grâce au quotient familial pour les activités et services municipaux (cantines scolaires, école de musique, sports...), on s'aperçoit que les communes n'ont vraiment pas les mêmes moyens à mettre au service de leur politique.
Certes, il y a bien des emplois dans le Val-Maubuée et Marne-la-Vallée, avec quelques sièges d'entreprises (notamment Nestlé, Envergure ou Conforama, la Banque de France et des centres commerciaux gigantesques) mais à côté de la Défense, c'est un peu liliputien. Ne parlons pas de la différence de budget par habitant entre deux communes comme Puteaux et Torcy.
Je parle de Torcy que je connais bien, mais c'est loin d'être la pire. C'est juste un bon exemple de l'erreur d'avoir construit des villes dortoirs.
Voilà, on a concentré les sièges sociaux en Île-de-France à la Défense et à Issy-les-Moulineaux, créé des zones d'emplois inaccessibles sans voiture (dont celle de Vélizy par exemple) et obligé les gens à faire parfois plus d'une heure de trajet pour se rendre à leur travail, en sacrifiant la qualité de vie au profit de plus de stress. Concentration des emplois, donc concentration des richesses grâce à la taxe professionnelle et tutti quanti.
Bon, aujourd'hui ça bouge un peu. Parce que la mode est à la décentralisation, que les élus ont de l'ambition pour "leurs" villes et qu'une bonne partie des villes nouvelles sont de moins en moins nouvelles, justement, une partie des habitants y sont nés ne veulent pas seulement y dormir. Certes, l'urbanisation de Serris autour du centre commercial de Val d'Europe semble reproduire les mêmes erreurs que le Val Maubuée (route 2x2 voies en plein centre ville, ronds points gigantesques, parkings immenses...) mais Marne-la-Vallée est pôle de compétitivité, le Conseil régional annonce la construction de logements pour les chercheurs...
Le début d'une nouvelle impulsion ?




Commentaires
N'est ce pas la repartition de la taxe professionnelle qu'il faudrait revoir ? Ainsi, Puteaux recoit 40 millions d'euros rien que pour la TP de La Défense. Cet argent, qui ne profite qu'aux 40.000 Putéoliens, est en realite le produit de tous les salaries -franciliens- qui bossent dans le quartier d'affaires.
Cet impot ne devrait-il pas plutot revenir à la Région ?
D'autant que le statut particulier de La Défense, projet gaullien, fait que le quartier ne coute absolument rien a la commune. Tout est pris en charge par l'Etat, a travers l'EPAD, un etablissement public.
Effectivement, il serait peut-être plus pertinent que l'impôt soit collecté à un échelon supérieur, la Région. Au Val-Maubuée, c'est le SAN qui récolte la taxe pro et qui redistribue aux communes en fonction de leur taille.
Mais mieux distribuer la taxe pro ne changera rien à la trop grande concentration des emplois en IdF et aux temps moyen de trajets effectués par les Franciliens.
Court terme : meilleure (re)distribution de la taxe pro pour en finir avec les hérésies à la putéolienne.
Long terme : tendre vers un taux d'un emploi pour un actif selon des zones d'une demi-heure de trajet (oui, c'est du très long terme, mais la concentration des zones d'emploi ne s'est pas faite en un an).