C'est la merde
Par Adrien le dimanche, mai 29 2005, 23:28 - référendum 2005 - Lien permanent
Bon, c'est sans appel, le non est passé. Je suis rassuré, la peine de mort n'est pas rétablie, le services publics sont sauvés et le gouvernement ne pourra pas continuer ses privatisations. Le plombier polonais et la pute slovaque resteront hors de nos frontières, Attac peut être remercié.
Trêve de plaisanterie, maintenant, il faut bosser, préparer l'union pour 2007. Le TCE va continuer son bonhomme de chemin en Europe et on va continuer à chercher le plan B from outer space qui n'est pas dans un tiroir, mais doit être construit. Évidemment, même en ayant voté oui, on continuera à construire l'Europe, même avec les anciens partisans du non, même si ça va être difficile.
Dans les points négatifs, il y a qu'à nouveau on (re)découvre la crise institutionnelle qui couve depuis pas mal de temps. Notre république est à boût de souffle, la 5e république est en fin de course. Autre point négatif, il y a eu une réelle cassure à gauche, la LCR et le PCF se sont payé le PS ; pour quel profit ? Seul l'avenir nous le dira. Sarkozy devrait être nommé premier ministre, ce qui, comme nous l'avait dit Marie-George Buffet, donnera un coup d'arrêt à la politique libérale du gouvernement. Le pire pourrait être une dissolution de l'Assemblée nationale.
Quelques points positifs quand même. Le débat a eu lieu, il n'a pas toujours volé haut mais il a eu le mérite d'exister, et c'est un bonne chose après plus de 10 ans de black-out total sur l'Europe. La participation a été élevée, et ça ne peut qu'être positif, bien sûr. Le camp du non s'est révélé un défenseur ardent de la laïcité, après les polémiques sur la loi sur le voile, c'est une bonne chose et je n'oublierai pas de le leur rappeler.
Maintenant, je n'ai qu'un souhait : que le "camp du non de gauche" gagne son pari, et qu'il y ait un réel changement. Seulement l'Europe n'attend pas après la France, et Chirac n'a pas du tout l'intention de changer sa politique. Au contraire, il parle d'une nouvelle impulsion, Sarkozy parle d'un besoin de rupture. Connaissant le petit Nicolas, je vous laisse imaginer le sens de la rupture.
Voilà, maintenant l'Europe continue, la vie continue. Les autres pays européens vont eux aussi ratifier ou non le traîté, lorsque tout le monde se sera exprimé, nous verrons la force des pays qui ont voté "non". Sachant que le "non" français vaut autant que le "oui" espagnol.
Allez, je vais me coucher.




Commentaires
Laisse vas.
Les français auront ce qu'ils ont voulu en majorité.
On verra bien ce que ça donne. Eux aussi. Et si c'est le chaos, alors ils l'auront bien cherché. Peut-être qu'au moins ils réfléchiront à deux fois, avant de "viser une cible avec un bandeau sur les yeux"...
Sur je ne sais quelle chaîne, Doutze, ce soir qui disait avoir compris le non des français, un non au chômage et qui proposait la remise en cause du CDI... Génial :(
Bonne nuit, je vais me coucher aussi. Contente d'avoir suivi ta campagne en tout cas, ça a fait du bien. Et la prochaine fois, on transforme l'essai.
Navrant ce vote ...
Personne parmi les ouiistes n'a encore eu l'idée de faire un "Sorry Everybody" (évidemment avec une dédicace spéciale au plombier polonais et à la pute slovaque) ?
Non c'est pas fini ils ont encore oublié la Floride
Exellente photo , le nouveau gouvernement !
puteaux2007.canalblog.com...
MERCI LES NONIIIISTES
Nade: si je comprends bien, quand on vote non on est un facho de chez Attac, ultra-réactionnaire et con de surcroit ?
Moi je suis tout simplement contre un texte qui n'est pas une avancée pour l'Europe, ni pour la France dans l'Europe.
Pour info : les bureaux de votes des Consulats francais a l'etranger ont enregistre un taux de 82% pour le OUI. J'ai mis les resultats de l'Asie sur mon blog.
Il manque Le Pen sur la photo.
@ Le Chihuahua : je pense que ça ne va pas tarder.
C'est la victoire des bo-bo, la honte.
...Le plombier polonais et la pute slovaque resteront hors de nos frontières, Attac peut être remercié....Autre point négatif, il y a eu une réelle cassure à gauche, la LCR et le PCF se sont payé le PS....
Il ne faudrait pas rejeter la faute (si faute il y a) sur les autres!
Selon un sondage Ipsos ( www.ipsos.fr/) 60% des verts ont voté NON, contre seulement 56% du PS.
Il doit bien y avoir une raison .......
Pour ma part une dissolution ne me gènerait pas du tout.
Elle n'arrivera pas, il faudrait que Chirac ait encore des couilles.
Mais comme il doit se les bouffer depuis un bon mois !
Ton inquiétude de politique intérieure m'étonne.
L'UMP est désavoué, je savoure.
Le PS semble vouloir exclure le peuple à son prochain comité directeur. Grand bien lui fasse.
Les verts sont vert, et alors.
Bref l'ensemble de la droite est sanctionné par le peuple.
L'important c'est que l'espoir est réapparu à gauche.
Maintenant la droite a encore deux ans pour foutre sa merde.
Pour la gauche, la lutte ne fait que re-commencer.
oui c'est ça la gauche va repartir, mais derrière qui ? la LCR ou les ambitieux dicidents du PS ????
>Sarkozy devrait être nommé premier ministre
AMHA, même si Chirac le propose à Sarkozy, celui-ci le refusera car à moins qu'il ne soit encore plus bête que je ne le crois, il sait qu'être nommé premier ministre dans le contexte actuel à moins de 2 ans des présidentielles lorsqu'on compte se présenter à celles-ci est du suicide politique.
C'est d'autant plus vrai que les Français souffrent depuis longtemps d'alternite aigue et qu'il est donc fort probable que la gauche soit en position de force aux prochaines présidentielles. (A supposé que le PS sorte à temps de son coma post 21 avril)
Puisqu'il semblerait acquis dans le camp du OUI que le NON français est nombriliste, je tenais à vous faire partager quelques points de vues européens:
Cest en poussant un véritable cri de joie que le syndicaliste Horst Schmitthenner, membre de la direction nationale du syndicat IG Metall, accueille la nouvelle de la victoire du « non » en France.
« Cette victoire du "non" en France est un coup porté à la construction néolibérale de lEurope », souligne Tobias Pflüger, député européen (PDS).
Georges Debunne, ancien secrétaire général de la Fédération générale des travailleurs de Belgique, et fondateur de la Confédération des syndicats européens (CES), a appris la victoire du « non » dans la salle où sétaient réunis, à Bruxelles, les participants au collectif pour le « non » de Belgique. Une salle pleine à craquer et qui a éclaté en vivats à lannonce des résultats.
Caroline Lucas, un des leaders du parti Verts de Grande-Bretagne et députée européenne, a declaré à lHumanité hier soir :
« Les Français ont dit "non" à la constitution quon leur a proposée. Est-ce que le ciel est tombé sur nos têtes ? Est-ce que lUnion européenne va tomber en panne pour autant ? Bien sûr que non. En rejetant un traité qui plaçait au coeur de son concept le néolibéralisme économique et le libre-échange, les électeurs français ont fait un premier pas décisif pour réinventer et sauver lUE.
« Félicitations au peuple, à la République ! », sexclame Agustin Moreno, membre de la commission exécutive des Commissions ouvrières (le premier syndicat espagnol), en apprenant la victoire du non français.
Responsable du groupe de coordination du Forum social hongrois, Endre Simo réagit à chaud au référendum français sur le projet de constitution européenne. « En premier lieu, je veux dire merci aux électeurs français davoir exprimé aussi notre voix, la voix des gens de lEst. Vous venez de donner voix à la société civile des pays de lEst, que leurs gouvernements et leurs parlements nétaient nullement intéressés à entendre, dans leur volonté de ratifier le traité constitutionnel sans demander leur opinion aux citoyens. La victoire du "non" en France est un événement dimportance politique internationale. Elle montre que les électeurs nacceptent plus la théorie néolibérale de la souveraineté limitée des peuples."
Bon, je ne cite pas tout le monde. Remarquez quand même qu'il y a principalement des rouges, des roses et des verts dans ce conglomérat.
Bon, on ne va refaire les analyses, mais au vu de ce tout ceux que je rencontre, et au delà de toutes les raisons qui ont poussé à voter non, le peuple français, a cassé les clivages politiques et est le 1er pays industrialisé à avoir craqué: nous avons refusé en notre fort intérieur l'économie de marché. Depuis combien de temps entendons-nous "ca va finir par péter" et bien voilà, nous y sommes. Maintenant Chirac n'a rien compris, et nous sommes dans une sacrée bordel mais tant mieux: nous n'avons plus d'autres choix que de réinventer notre idéal de société. Et je trouve assez interessant de voir des verts (du non et du oui) appelalent à la dissolution et à la mise en place d'une assemblée constituante pour refonder nos institutions: ça me parait être une sacrée bonne idée. De tout mal, sort un bien.
Cessons donc de pleurer et effacons donc de nos mémoires nos petits compromis nationalistes ou fédéralistes pour un monde qui de toutes les façons ne marche pas.
Mouaiiii.
Certes, ça parait l'excuse facile, mais plus je lis d'analyses et de stats, plus ça confirme ce que j'en pense : j'en pense qu'un nombre important de noniste n'a pas voté non au TCE, mais non à Raffarin. Il ne se passe pas une interview (radio, télé) d'un quidam noniste sans que celui-ci annonce fièrement : "pis c'était pour mettre une claque au gouvernement"... Je sais pas à qui elle est partie la claque :/
Quant à la construction libérale du TCE, elle a été, est et sera toujours une interprétation relative... On a de toute façon fait dire tout et son contraire à texte depuis le début. Preuve en est d'ailleurs que les libéraux anglais votent non à ce texte, jugé trop peu libéral et trop social...
Et puis, tu veux refonder quoi Alain ? Une Europe à la française ? Une Europe la barre loin à gauche ? Et on fait quoi du 50% de personnes qui "pensent à droite" ? De ce que je commence à en entrevoir, la politique n'est qu'un ensemble de compromis, si on continue a tout refuser comme ça et à se la jouer de façon aussi manichéenne, autant enterrer le projet tout de suite. Jamais ce projet commun n'aboutira, je ne vois pas comment 450 millions de personnes aux cultures différentes, aux niveaux de développements bien différents pourraient lire, comprendre et accepter de la même façon un seul texte.
Le TCE n'était pas parfait, certes. Mais il n'était pas foncièrement mauvais. Il n'était pas parfait, mais c'est strictement impossible, rien n'est parfait dans le monde. Si on cherche un texte parfait qui aille à tout le monde, autant tout abandonner tout de suite et en rester à Nice définitivement.
Ouai, on n'a qu'à faire comme ces grosses buses de chez Attac : chier sur tout, propagander à plein régime, mais ne proposer rien ni personne en lieu et place de l'existant.
Ça, c'est constructif ! Félicitations messieurs les mouches du coche. "Hé, c'est nul ce que tu fais", "et toi tu proposes quoi ?", "oh moi rien, je sais pas. Mais c'est juste nul, quoi..."
M'enfin, si ya de l'espoir...
A lire :
www.gscore.org/blog/index...
www.gscore.org/blog/index...
Je parlais dans un précédent commentaire sur la campagne du TCE de la résurgence des années 70 et de l'anti-capitalisme, je ne suis pas le seul, July dans son édito 30 mai :
( liberation.fr/page.php?Ar... )
« [...] Référendum sur le libéralisme. Que des dirigeants de gauche, et à peu près toute la classe politique, aient accepté de délayer à longueur d'argumentaires les tracts d'Attac, à la manière de François Mitterrand plaidant pour la rupture avec le capitalisme dans les années 70, on est en plein délire, plus de trente ans après et après les succès que l'on sait. Cette année, on ne parlait plus de capitalisme mais d'un mot qui s'en voulait le synonyme absolu : le libéralisme. Cette fois, il fallait se prononcer pour ou contre la concurrence, pour ou contre la mondialisation. [...] »
Batman: Pour moi, cela commence déjà par ça:
www.appel-constituante.or...