Sont donc intervenus (presque dans l'ordre)...

  • Bertrand Delanoë (PS)

Il nous l'a joué super décontract, genre je blague avec Elie Semoun sur ma femme (mais ça faisait sincère, ils ont vraiment l'air de s'apprécier), avant d'embrayer sur un discours de campagne centré sur Paris. Cette ville aurait en effet beaucoup à perdre d'une région à droite. Il a insisté sur les partenariats noués avec toutes les collectivités voisines de la capitale, sans regarder les bords politiques des élus.
Le maire de Paris a parlé de la campagne du mensonge contre celle de la vérité, et a mis l'union Copé-Santini devant ses contradictions : le premier est contre le tramway, le second pour... qui va décider ?
Les jeunes socialistes parisiens étaient déchainés. Impressionant.

  • Jean-Paul Huchon (PS)

Jean-Paul, mais pourquoi restes-tu le nez dans tes fiches, pourquoi t'obstines-tu à sortir des formules "choc" formatées pour la télé ? Tu es bon dans le dialogue, tu es bon quand tu cabotines, tu es bon quand tu te lâches, quand tu dis ce que tu as envie de dire.
Tu étais chiant JP, c'est triste à dire. Heureusement que tu as un bon bilan, un bon projet, une bonne équipe et une bonne gueule.
Pourquoi tu n'as pas su jouer davantage avec la salle, comme à Créteil ? On te sentait freiné, engoncé... C'est dommage.

  • Alain Lipietz (Les Verts)

Quel discours ! à peu près le même qu'à Roissy-en-Brie, mais en beaucoup mieux rodé. Ce cher Alain a fait d'immenses progrès depuis 2002. Comme la bourde sur la Corse parait loin ! et c'est tant mieux.
Au menu de son discours très écologiste, très à gauche : le délitement du lien social, l'imminence de la crise écologique (déjà commencée en fait, avec la canicule de 2003 ou la Tempête de 1999). Il a également brocardé la charité et l'aumône qui tiennent lieu de politique sociale : Bernadette et ses pièces jaunes ont été évoquées, avec tout le mépris qu'il est possible de mettre dans une voix. Pour faire court : la Droite veut revenir aux années 30. Mais 1930 ou 1830 ?
Alain Lipietz est prêt à être la tête de liste IdF aux élections européennes. J'avais des craintes, mais elles ont été balayées par les discours de Roissy et du Zénith.
Gilles Lemaire (le secrétaire national du parti) était en Bretagne, son évocation par Lipietz a déclenché un tonerre d'applaudissement : la région bretonne va passer à gauche ! Qu'on est loin du bordel Vert dont je parlais en octobre 2003.
Ce nouveau Lipietz plus l'unité retrouvée des Verts, il y a moyen de faire quelque chose de bien pour le 13 juin.

  • Sami Naïr (MRC)

Voilà quelqu'un que je ne connaissais pas... Il faut dire que le MRC est plutôt confidentiel comme parti. Pour ceux qui ne sauraient pas, il s'agit du dernier machin de Chevènement. J'ai du mal à comprendre où il se situe (le machin, pas Chevènement).
M. Naïr, je suis désolé, je ne sais même plus ce que vous avez dit à part qu'il fallait voter Huchon. Au moins je suis sincère. (Oui, j'ai honte aussi, ce sont des propos que je ne devrais pas tenir publiquement...).
Merci quand même d'être passé M. Naïr. Gauche ! gauche ! gauche unie ! hein ?

  • Claire Villiers (présidente d'AC!, pour le PCF)

La présence de cette femme non politicienne a fait du bien. Elle avait le trac, et ça se sentait. C'était quand même ahurissant de la voir aux côtés de Strauss-Kahn, alors que profondément, ces gens-là n'ont rien à voir.
Mais c'est ça l'union sacrée, toute la gauche, que ce soit celle dite de gestion et celle dite de combat, est ensemble. Pour le meilleur et le meilleur, car il faut arrêter cette dichotomie. C'est d'ailleurs le seul mérite du PCF que d'avoir tenté et plus ou moins réussi cette union. La Gauche arc-en-ciel, jamais nommée mais souvent évoquée ce soir-là, est en préparation. Elle germe, nous avons posé des graines au Zénith, Claire Villiers les a arrosées.

  • Jean-Michel Baylet (PRG)

Quelle verve du Sud-Ouest (fief du PRG) Jean-Mi, ouah ! C'était agréable et vivifiant comme discours, hyper électoraliste, mais ça nous a fichu la pêche. Toute la droite en a pris pour son grade, et c'était bien agréable.
Merci Jean-Michel, des discours comme celui-là, qu'on dirait un one-man-show, j'en veux toutes les semaines.

  • Marie-George Buffet (PCF)

Ironiquement, elle a introduit son discours en disant que sans la liste Gauche populaire et citoyenne aucune femme n'aurait parlé ce soir-là, elle avait bien raison. La pauvre a bafouillé, comme si elle ne voulait pas être sur scène. Mais son discours était bien, plein d'allant pour une gauche de combat, une gauche résolument altermondialiste (pas seulement à Porto Allegre), féministe, anti-libérale...
On en viendrait presque à aimer les Cocos dites donc.

  • Daniel Cohn-Bendit (Les Verts)

Je n'aime pas Dany quand il se lance dans de grandes tirades libérales, là, l'ambiance ne s'y prétait pas. Il a longuement parlé du terrorisme, il a qualifié les intégristes religieux de fascistes, disant que la position sur l'Irak n'y changeait rien : toutes les démocraties sont visées. Le but de cete guerre, si elle passe aussi par les renseignements et la police, est surtout d'empêcher les sans espoirs, en France comme partout, de se jeter dans les bras des intégristes, barbus ou non.
Dany (le rouge-vert) a aussi appelé tous les partis de l'ex-Gauche plurielle renouvelée à changer leur mentalité : le PS doit être partageur, le PC critique, les Verts responsables, etc. Je ne sais pas si on avait besoin qu'il le dise, mais au moins c'est dit.

  • François Hollande (PS)

Au secrétaire du PS l'honneur de conclure. Il a fait un discours que n'aurait pas renié Noël Mamère, sur l'écologie, la société. "Le flan" ne mérite pas ce méchant surnom, c'est un bon orateur (meilleur que Jean-Paul) qui a fait un discours de vainqueur, sans toutefois l'arrogance et l'assurance propres à nos chers ministres et têtes pensantes UMPistes. On dirait presque qu'il a voulu s'imposer face à Fabius et DSK... est-ce possible ?
Le mari de Ségolène Royale a parlé de l'envie de gagner, de la fierté de la Gauche... Tonerre d'applaudissement, la gauche est de retour, elle veut avoir des idées, elle en trouvera, certaines ne demandent que ça : trouver des débouchés, s'imposer, être diffusées. Ne les en privons pas.


J'ai effectivement ressenti une envie de gagner, ce jeudi soir. Nous avions la fierté d'être ensemble autour... d'un projet ? Non, ou si : le projet du projet national qui va s'élaborer entre toutes les composantes de la Gauche, pendant ces trois longues prochaines années.
Hollande, Cohn-Bendit, Lipietz, ont tous les trois parlé d'innovation, du besoin de nouveaux projets portés par la gauche non seulement pour gagner, mais aussi pour gagner "durablement".

Cette nouvelle gauche socialo-écolo va être au pouvoir dans une majorité de régions, qui seront autant de laboratoires sociaux, autant de foyers de résistance contre les coups de boutoir de la droite qui qui frappent le pacte social français, autant de centres de proposition, d'innovation, de progrès social et de développement solidaire. Les sujets à traiter sont graves : AGCS, crise environnementale, délitement social, concentration des richesses...

Tout le monde le sait très bien : la gauche peut gagner grâce au ras-le-bol du gouvernement. Elle est toujours minoritaire face à la droite et l'extrême droite. La victoire en 2007, puisque c'est maintenant le but, ne peut pas, ne doit pas, être une simple alternance mécanique. Elle doit être un départ vers une autre France, une autre Europe, un autre monde.
Tout cela est possible, mais moins que jamais nous n'avons le droit à l'erreur.